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The French-German productivity comparison revisited [] : ten years after the German unification / [CEPII, Centre d'études prospectives et d'informations internationales] ; Laurence Nayman, Deniz Ünal-Kesenci

Auteur principal collectivité : Centre d'études prospectives et d'informations internationales, France, Auteur secondaire : : Nayman, Laurence, ;Ünal-Kesenci, Deniz, Publication :Paris : Centre d'études prospectives et d'informations internationales, 2001Description : 1 vol. (93 p.) ; 24 cmRésumé : L'objet de cette étude est de comparer les niveaux de production et de productivité dans l'industrie entre la France et l'Allemagne depuis la réunification allemande. La principale difficulté dans les comparaisons internationales consiste à trouver une unité de conversion adéquate pour exprimer les différentes productions nationales dans une monnaie commune. Les comparaisons du CEPII utilisent la méthode dite industry-of-origin du projet ICOP (International Comparisons of Output and Productivity). Il s'agit de construire un panier de produits communs aux différents pays et de le valoriser dans la monnaie nationale de chacun des pays. La comparaison des prix du même panier en différentes monnaies donne les taux de conversion pour l'industrie. Le panier des produits manufacturés commun à la France et à l'Allemagne a été construit en appariant les biens fabriqués dans les deux pays au niveau le plus fin de la nomenclature PRODCOM (8 chiffres). Dans les enquêtes de branche 2 045 produits français et 3 586 produits allemands ont été recensés pour lesquels à la fois les quantités et les valeurs des ventes étaient disponibles pour l'année de référence 1997. Avec ces deux bases, 1 151 produits ont pu être appariés et constituent le panier des parités de production. En 1997, la valeur de ce panier représente 35% des ventes manufacturières en France et 32% en Allemagne. Le taux de conversion pour l'ensemble du secteur manufacturier, qui peut être considéré comme un taux de parité de prix de production entre la France et l'Allemagne, est 3.41 FF/DM en 1997. L'utilisation des prix hédoniques pour les véhicules particuliers a eu pour conséquence d'élever le niveau moyen des prix dans l'industrie en France par rapport à l'Allemagne. Le taux de conversion manufacturier franco-allemand est toutefois très proche du taux de change nominal à cette date (3.37). En 1997, la valeur ajoutée réelle française est deux fois moins importante que la valeur ajoutée allemande dans le secteur manufacturier (47%). Les niveaux relatifs français pour les facteurs de production (volume d'heures travaillées et le stock de capital) sont supérieurs au ratio de production (respectivement 51 et 58%). Ce qui implique de facto que les niveaux français de productivité sont en deçà des niveaux allemands : 92% pour la productivité horaire, 81% pour celle du capital et 88% pour la productivité globale. La France bénéficie toutefois d'une meilleure compétitivité par rapport à son voisin outre-Rhin lorsque l'on considère les coûts salariaux unitaires. Les rémunérations des employés français sont en effet nettement inférieures aux rémunérations allemandes. De ce fait, le coût nominal qu'un investisseur doit supporter pour produire une unité physique de valeur ajoutée comparable dans les deux pays est en moyenne 20% moins important en France qu'en Allemagne dans le secteur manufacturier. Les résultats de la comparaison France-Allemagne pour l'année de base 1997 contrastent avec ceux précédemment obtenus par le CEPII pour l'année de base 1987. En effet, dix ans auparavant, le niveau relatif des prix français était nettement plus bas par rapport à l'Allemagne de l’Ouest (92%). Le taux de change nominal n'ayant pratiquement pas bougé entre les deux dates, ceci s’explique par le renchérissement de la valeur du panier commun estimé en francs français. Le renchérissement provient, à notre avis, d'un effet de composition du panier, puisque le différentiel d'inflation France-Allemagne a été négatif dans le secteur manufacturier durant la décennie. L'accrochage du franc au deutschmark, dans le cadre de la politique de désinflation compétitive menée en France, s'est notamment traduit par une montée en gamme des produits français. Les statistiques du commerce extérieur montrent ainsi que la part des produits de haut de gamme a augmenté de 20% entre 1998 et 1999 dans les ventes françaises contre 9% dans les ventes allemandes. La politique de désinflation compétitive a sensiblement marqué la spécialisation de la France dans le secteur manufacturier. Ne pouvant plus utiliser le taux de change nominal comme un outil de compétitivité-prix, les entreprises françaises ont dû rationaliser leurs processus productifs. Les effets négatifs de cette politique sur la croissance et l'emploi ont été contrebalancés, dans les années 1990, par l'instauration d'une compétitivité basée sur une meilleure productivité. Les gains de productivité horaire enregistrés en France sont supérieurs à ceux enregistrés en Allemagne durant la décennie. Dix ans après, l'impact de la réunification continue de marquer aussi bien le secteur manufacturier que l'ensemble de l'économie allemande. A la fin des années 1990, la productivité manufacturière est-allemande est 40% en dessous du niveau de l'Ouest. Les taux de croissance élevés enregistrés à l'Est dans les premières années après la réunification se sont estompés à partir de 1995. Plusieurs éléments peuvent être avancés pour expliquer les raisons de ce ralentissement. La restructuration industrielle allemande s'est traduite simultanément par des licenciements massifs et par une accumulation non moins massive du stock du capital dans les entreprises des Länder de l'Est. Le niveau relatif de l'intensité capitalistique y a plus que doublé depuis 1991 (il atteint plus de 80% du niveau de l'Ouest en 1999). Selon certains économistes allemands, en privilégiant les industries fortement capitalistiques, la politique de subventions vers les entreprises de l'Est a fortement affecté la structure de la valeur ajoutée est-allemande en faveur des industries lourdes. Ce qui expliquerait, selon eux, l'arrêt du rattrapage est-allemand. Nos résultats montrent une divergence des performances relatives Est-Ouest dans les branches industrielles intensives en main d'oeuvre et celles en capital : alors que ces dernières enregistraient les plus hauts niveaux de productivité relative en 1991, les branches intensives en main d'oeuvre sont au premier rang en 1999. La croissance de la valeur ajoutée a été considérable dans certaines branches intensives en travail qualifié telles que "équipement informatique", "véhicules à moteurs", "instruments de précision" et "matériel de télécommunication". Ces considérations nuancent quelque peu les jugements sévères sur la capacité de l'adaptation du secteur manufacturier est-allemand. L'étude de l'évolution de la valeur ajoutée et de la productivité en France et en Allemagne est complétée par une analyse de la comptabilité de la croissance. Afin de pouvoir constater les effets de la politique de désinflation compétitive en France et de la réunification en Allemagne, l'analyse compare les résultats de deux périodes consécutives : la période 1984-1990 et la décennie 1990. Dans les deux pays, le rythme de la croissance de la valeur ajoutée manufacturière a été nettement plus fort dans la première période que dans la seconde. Entre 1984 et 1990, la croissance de la valeur ajoutée allemande (supérieure à celle de la France), a été soutenue par un maintien du niveau des employés grâce à une diminution de la durée du travail et une importante contribution de l'efficacité technologique dans la fonction de production. Le rôle de l'efficacité technologique fut également importante en France pendant cette même période. Toutefois, la diminution de l'emploi français s'est traduite par une moindre croissance de la valeur ajoutée par rapport à l'Allemagne. La réunification allemande a logiquement changé la donne. La valeur ajoutée a continué à croître en France alors qu'elle a diminué en Allemagne. La restructuration de l'industrie allemande, notamment par la suppression radicale des emplois à l'Est a entravé la croissance outre-Rhin. Cette contribution fortement négative de l'emploi allemend [sic] après la réunification était toutefois un résultat attendu. Ce qui paraît plus surprenant, c'est la faiblesse de la contribution de l'efficacité technologique à la croissance en Allemagne. La France, au contraire, a bénéficié d'une contribution importante du progrès technique. Dans l'ensemble, les résultats montrent qu'à la fin de la décennie, le fort impact de la réunification allemande sur les niveaux relatifs de prix et de productivité entre la France et l'Allemagne se trouve sensiblement atténué. Toutefois, en ce qui concerne la comparaison des performances économiques, il ne faut pas oublier que les économies française et allemande sont soumises aux mêmes cycles économiques. L'étude en cours de comparaison de productivité entre les Etats-Unis, la France et l'Allemagne permettra de mieux cerner la performance productive européenne sur la scène internationale..Bibliographie: Bibliogr. p. 59-63. Notes bibliogr..Sujet - Nom d'actualité : Productivité -- France -- 1990- ;Productivité -- Allemagne -- 1990- Sujet : Unification ;Productivité ;Prix ;France ;Coût salarial ;Allemagne Sujet Catégorie : ECONOMIE-FINANCES-GESTION
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Bib. Paris
EMP C 169 (01-14) Available EMP62400D

Bibliogr. p. 59-63. Notes bibliogr.

L'objet de cette étude est de comparer les niveaux de production et de productivité dans l'industrie entre la France et l'Allemagne depuis la réunification allemande. La principale difficulté dans les comparaisons internationales consiste à trouver une unité de conversion adéquate pour exprimer les différentes productions nationales dans une monnaie commune. Les comparaisons du CEPII utilisent la méthode dite industry-of-origin du projet ICOP (International Comparisons of Output and Productivity). Il s'agit de construire un panier de produits communs aux différents pays et de le valoriser dans la monnaie nationale de chacun des pays. La comparaison des prix du même panier en différentes monnaies donne les taux de conversion pour l'industrie. Le panier des produits manufacturés commun à la France et à l'Allemagne a été construit en appariant les biens fabriqués dans les deux pays au niveau le plus fin de la nomenclature PRODCOM (8 chiffres). Dans les enquêtes de branche 2 045 produits français et 3 586 produits allemands ont été recensés pour lesquels à la fois les quantités et les valeurs des ventes étaient disponibles pour l'année de référence 1997. Avec ces deux bases, 1 151 produits ont pu être appariés et constituent le panier des parités de production. En 1997, la valeur de ce panier représente 35% des ventes manufacturières en France et 32% en Allemagne. Le taux de conversion pour l'ensemble du secteur manufacturier, qui peut être considéré comme un taux de parité de prix de production entre la France et l'Allemagne, est 3.41 FF/DM en 1997. L'utilisation des prix hédoniques pour les véhicules particuliers a eu pour conséquence d'élever le niveau moyen des prix dans l'industrie en France par rapport à l'Allemagne. Le taux de conversion manufacturier franco-allemand est toutefois très proche du taux de change nominal à cette date (3.37). En 1997, la valeur ajoutée réelle française est deux fois moins importante que la valeur ajoutée allemande dans le secteur manufacturier (47%). Les niveaux relatifs français pour les facteurs de production (volume d'heures travaillées et le stock de capital) sont supérieurs au ratio de production (respectivement 51 et 58%). Ce qui implique de facto que les niveaux français de productivité sont en deçà des niveaux allemands : 92% pour la productivité horaire, 81% pour celle du capital et 88% pour la productivité globale. La France bénéficie toutefois d'une meilleure compétitivité par rapport à son voisin outre-Rhin lorsque l'on considère les coûts salariaux unitaires. Les rémunérations des employés français sont en effet nettement inférieures aux rémunérations allemandes. De ce fait, le coût nominal qu'un investisseur doit supporter pour produire une unité physique de valeur ajoutée comparable dans les deux pays est en moyenne 20% moins important en France qu'en Allemagne dans le secteur manufacturier. Les résultats de la comparaison France-Allemagne pour l'année de base 1997 contrastent avec ceux précédemment obtenus par le CEPII pour l'année de base 1987. En effet, dix ans auparavant, le niveau relatif des prix français était nettement plus bas par rapport à l'Allemagne de l’Ouest (92%). Le taux de change nominal n'ayant pratiquement pas bougé entre les deux dates, ceci s’explique par le renchérissement de la valeur du panier commun estimé en francs français. Le renchérissement provient, à notre avis, d'un effet de composition du panier, puisque le différentiel d'inflation France-Allemagne a été négatif dans le secteur manufacturier durant la décennie. L'accrochage du franc au deutschmark, dans le cadre de la politique de désinflation compétitive menée en France, s'est notamment traduit par une montée en gamme des produits français. Les statistiques du commerce extérieur montrent ainsi que la part des produits de haut de gamme a augmenté de 20% entre 1998 et 1999 dans les ventes françaises contre 9% dans les ventes allemandes. La politique de désinflation compétitive a sensiblement marqué la spécialisation de la France dans le secteur manufacturier. Ne pouvant plus utiliser le taux de change nominal comme un outil de compétitivité-prix, les entreprises françaises ont dû rationaliser leurs processus productifs. Les effets négatifs de cette politique sur la croissance et l'emploi ont été contrebalancés, dans les années 1990, par l'instauration d'une compétitivité basée sur une meilleure productivité. Les gains de productivité horaire enregistrés en France sont supérieurs à ceux enregistrés en Allemagne durant la décennie. Dix ans après, l'impact de la réunification continue de marquer aussi bien le secteur manufacturier que l'ensemble de l'économie allemande. A la fin des années 1990, la productivité manufacturière est-allemande est 40% en dessous du niveau de l'Ouest. Les taux de croissance élevés enregistrés à l'Est dans les premières années après la réunification se sont estompés à partir de 1995. Plusieurs éléments peuvent être avancés pour expliquer les raisons de ce ralentissement. La restructuration industrielle allemande s'est traduite simultanément par des licenciements massifs et par une accumulation non moins massive du stock du capital dans les entreprises des Länder de l'Est. Le niveau relatif de l'intensité capitalistique y a plus que doublé depuis 1991 (il atteint plus de 80% du niveau de l'Ouest en 1999). Selon certains économistes allemands, en privilégiant les industries fortement capitalistiques, la politique de subventions vers les entreprises de l'Est a fortement affecté la structure de la valeur ajoutée est-allemande en faveur des industries lourdes. Ce qui expliquerait, selon eux, l'arrêt du rattrapage est-allemand. Nos résultats montrent une divergence des performances relatives Est-Ouest dans les branches industrielles intensives en main d'oeuvre et celles en capital : alors que ces dernières enregistraient les plus hauts niveaux de productivité relative en 1991, les branches intensives en main d'oeuvre sont au premier rang en 1999. La croissance de la valeur ajoutée a été considérable dans certaines branches intensives en travail qualifié telles que "équipement informatique", "véhicules à moteurs", "instruments de précision" et "matériel de télécommunication". Ces considérations nuancent quelque peu les jugements sévères sur la capacité de l'adaptation du secteur manufacturier est-allemand. L'étude de l'évolution de la valeur ajoutée et de la productivité en France et en Allemagne est complétée par une analyse de la comptabilité de la croissance. Afin de pouvoir constater les effets de la politique de désinflation compétitive en France et de la réunification en Allemagne, l'analyse compare les résultats de deux périodes consécutives : la période 1984-1990 et la décennie 1990. Dans les deux pays, le rythme de la croissance de la valeur ajoutée manufacturière a été nettement plus fort dans la première période que dans la seconde. Entre 1984 et 1990, la croissance de la valeur ajoutée allemande (supérieure à celle de la France), a été soutenue par un maintien du niveau des employés grâce à une diminution de la durée du travail et une importante contribution de l'efficacité technologique dans la fonction de production. Le rôle de l'efficacité technologique fut également importante en France pendant cette même période. Toutefois, la diminution de l'emploi français s'est traduite par une moindre croissance de la valeur ajoutée par rapport à l'Allemagne. La réunification allemande a logiquement changé la donne. La valeur ajoutée a continué à croître en France alors qu'elle a diminué en Allemagne. La restructuration de l'industrie allemande, notamment par la suppression radicale des emplois à l'Est a entravé la croissance outre-Rhin. Cette contribution fortement négative de l'emploi allemend [sic] après la réunification était toutefois un résultat attendu. Ce qui paraît plus surprenant, c'est la faiblesse de la contribution de l'efficacité technologique à la croissance en Allemagne. La France, au contraire, a bénéficié d'une contribution importante du progrès technique. Dans l'ensemble, les résultats montrent qu'à la fin de la décennie, le fort impact de la réunification allemande sur les niveaux relatifs de prix et de productivité entre la France et l'Allemagne se trouve sensiblement atténué. Toutefois, en ce qui concerne la comparaison des performances économiques, il ne faut pas oublier que les économies française et allemande sont soumises aux mêmes cycles économiques. L'étude en cours de comparaison de productivité entre les Etats-Unis, la France et l'Allemagne permettra de mieux cerner la performance productive européenne sur la scène internationale.

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